Première expérience d'un Paris-Grenoble : Différence entre versions

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(Nouvelle page : Tout commence un vendredi du mois de juin 2007, à midi je termine ma journée de stage dans le marais avec le projet d'être à 19h à Grenoble pour une fête. J'avais déjà fait l...)
 
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Tout commence un vendredi du mois de juin 2007, à midi je termine ma journée de stage dans le marais avec le projet d'être à 19h à Grenoble pour une fête. J'avais déjà fait le parcours dans l'autre sens sans problème, je partais donc sans crainte et pleins de confiance. On m'avais indiqué la porte d'Orléans comme point de départ. Vu que j'y suis arrivé vers 13h je n'ai pas voulu perdre de temps et suis directement aller toquer à la vitre de la première voiture s'arrêtant au feu.  
 
Tout commence un vendredi du mois de juin 2007, à midi je termine ma journée de stage dans le marais avec le projet d'être à 19h à Grenoble pour une fête. J'avais déjà fait le parcours dans l'autre sens sans problème, je partais donc sans crainte et pleins de confiance. On m'avais indiqué la porte d'Orléans comme point de départ. Vu que j'y suis arrivé vers 13h je n'ai pas voulu perdre de temps et suis directement aller toquer à la vitre de la première voiture s'arrêtant au feu.  
Le mec me dit qu'il ne va pas vers Lyon mais qu'il peux me poser près d'Orly, sans trop reflechir je dis oui, je fais signe à un autre gars qui attendait depuis un bout de temps. Nous nous retrouvons 20mn plus tard à une station service sur une bretelle avec des avions vrombissant au dessus de nos têtes. On nous indique la direction pour une bretelle allant vers le racordement pour l'autoroute A6, ça se complique. Je marche donc un petit moment avec mon compagnon de fortune, qui s'avère être un ex-maçon actuellement au chômage. Arrivés à l'embranchement on attend une heures comme des cons sous un soleil de plombs, les voitures ne manquent pas mais toutes remontent sur Paris. On décide donc d'aller plus loins pour saisir le véritable embranchement pour Lyon. Après une longue marche sur la bande d'arrêt d'urgence avec mon nouveau pote, on réalise que l'embranchement pour Lyon est fermé par la DDE, putain!! Ici on se sépare, lui est persuadé que dans le bouchon qui s'est créé des voitures voulaient aller à Lyon et le prendront, moi je rentre à la station service. Quand j'y arrive il est 15h, ça fait déjà 2h que j'ai quitté la porte d'Orléans.
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Le mec me dit qu'il ne va pas vers Lyon mais qu'il peux me poser près d'Orly, sans trop reflechir je dis oui, je fais signe à un autre gars qui attendait depuis un bout de temps. Nous nous retrouvons 20mn plus tard à une station service sur une bretelle avec des avions vrombissant au dessus de nos têtes. On nous indique la direction pour une bretelle allant vers le racordement pour l'autoroute A6, ça se complique. Je marche donc un petit moment avec mon compagnon de fortune, qui s'avère être un ex-maçon actuellement au chômage. Arrivés à l'embranchement on attend une heures comme des cons sous un soleil de plombs, les voitures ne manquent pas mais toutes remontent sur Paris.  
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On décide donc d'aller plus loins pour saisir le véritable embranchement pour Lyon. Après une longue marche sur la bande d'arrêt d'urgence avec mon nouveau pote, on réalise que l'embranchement pour Lyon est fermé par la DDE, putain!! Ici on se sépare, lui est persuadé que dans le bouchon qui s'est créé des voitures voulaient aller à Lyon et le prendront, moi je rentre à la station service. Quand j'y arrive il est 15h, ça fait déjà 2h que j'ai quitté la porte d'Orléans.
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J'envisage alors d'aborder les gens qui font le plein. Un jeune m'amène à Belle-Epine, accèssoirement le plus grand centre commercial de France, il me pose sur une sortie menant à une nationale qui allant vers le sud doit logiquement déboucher sur l'A6. Aimablement il me lâche 5 clopes, ça fait toujours plaisir.  
 
J'envisage alors d'aborder les gens qui font le plein. Un jeune m'amène à Belle-Epine, accèssoirement le plus grand centre commercial de France, il me pose sur une sortie menant à une nationale qui allant vers le sud doit logiquement déboucher sur l'A6. Aimablement il me lâche 5 clopes, ça fait toujours plaisir.  
 
Là encore il y a un bouchon un vieux accepte de me prendre et me dépose une demi-heure après, à une autre station service, 2km plus loins... Cette station est absolument glauque, elle n'est séparée de la route que par un trottoir de 1m de large et insérée dans une énorme tranchée de béton gris-noir. Cette fois l'attente est longue, l'air est irrespirable et la chaleur suffocante. En l'espace de trois quart, ce sont des centaines de bagnoles qui passent devant moi à une allure d'escargot.
 
Là encore il y a un bouchon un vieux accepte de me prendre et me dépose une demi-heure après, à une autre station service, 2km plus loins... Cette station est absolument glauque, elle n'est séparée de la route que par un trottoir de 1m de large et insérée dans une énorme tranchée de béton gris-noir. Cette fois l'attente est longue, l'air est irrespirable et la chaleur suffocante. En l'espace de trois quart, ce sont des centaines de bagnoles qui passent devant moi à une allure d'escargot.
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Je n'en peux vraiment plus, je fini par presque agresser un camionneur pour qu'il me prenne. Il me dit qu'il va vers la Bretagne, et merde, mais qu'il y  a une séparation à un endroit pour aller à Lyon, bon m'en fout j'y vais.
 
Je n'en peux vraiment plus, je fini par presque agresser un camionneur pour qu'il me prenne. Il me dit qu'il va vers la Bretagne, et merde, mais qu'il y  a une séparation à un endroit pour aller à Lyon, bon m'en fout j'y vais.
 
Finalement, après être sorti du bouchon, on est sur l'autoroute, il s'arrête sur la bande d'arrêt d'urgence, me montre un panneau au loin et me dit "tu vois à droite c'est la Bretagne, c'est là que je vais, à droite c'est pour Lyon, avec un peu de chance quelqu'un te prendra". Génial sauf que toutes les voitures roulent à 130 que l'embranchement en question est au moins à 1km, que jamais une voiture ne s'y arrêtera, et que mon espérence de vie sur cette bande d'arrêt d'urgence est d'après le prévention routière d'une vingtaine de minute. La situation est donc quelque peu délicate.
 
Finalement, après être sorti du bouchon, on est sur l'autoroute, il s'arrête sur la bande d'arrêt d'urgence, me montre un panneau au loin et me dit "tu vois à droite c'est la Bretagne, c'est là que je vais, à droite c'est pour Lyon, avec un peu de chance quelqu'un te prendra". Génial sauf que toutes les voitures roulent à 130 que l'embranchement en question est au moins à 1km, que jamais une voiture ne s'y arrêtera, et que mon espérence de vie sur cette bande d'arrêt d'urgence est d'après le prévention routière d'une vingtaine de minute. La situation est donc quelque peu délicate.
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Je n'ai rien d'autre à faire que marcher dans les hautes herbes sèches et désagréables derrière la glissière. J'arrive à un premier pont "yé trop cool je suis tiré d'affaire", et non je ne croyais pas si bien dire, il y a des barbelés à passer et le pont est un tronçon de voie de l'orlyval! Deuxième pont, une voie de TGV! décidement j'ai vraiment l'air d'un con.
 
Je n'ai rien d'autre à faire que marcher dans les hautes herbes sèches et désagréables derrière la glissière. J'arrive à un premier pont "yé trop cool je suis tiré d'affaire", et non je ne croyais pas si bien dire, il y a des barbelés à passer et le pont est un tronçon de voie de l'orlyval! Deuxième pont, une voie de TGV! décidement j'ai vraiment l'air d'un con.
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J'apperçois alors l'espoir au loin, une voiture est arrêtée avec ses feux de détresse. Oubliant le coup des 20 minutes qui me restent à vivre je cours comme un malade jusqu'à la voiture. Croyant tomber sur une honnête citoyen ayant eu pitié de moi je déchante vite. Il s'agit d'un ouvrier d'une boîte de BTP transportant du matos dans sa clio en train de téléphoner à son patron car il est pommé. Il est complêtement sur le cul de me voir arriver, m'explique que je suis qu'un malade, que je n'aurrais jamais du attérir ici, qu'il ne veut pas me prendre parceque ça n'est pas sa voiture, que de toute façon je joue ma vie et qu'il faut que j'assume mes conneries, qu'il n'a pas à m'aider, qu'il n'en a rien à foutre, il refuse même de me passer une clope, ne lachant pas l'affaire il finit par me fermer sa vitre au nez et démarrer me laissant dans ma merde. Sur le coup j'ai presque pleuré, j'ai maudit ce mec autant que je pouvais, j'avais rarement été autant dans la merde et autant humilié par l'indiférence d'un homme en même temps. Putain c'était dur!!
 
J'apperçois alors l'espoir au loin, une voiture est arrêtée avec ses feux de détresse. Oubliant le coup des 20 minutes qui me restent à vivre je cours comme un malade jusqu'à la voiture. Croyant tomber sur une honnête citoyen ayant eu pitié de moi je déchante vite. Il s'agit d'un ouvrier d'une boîte de BTP transportant du matos dans sa clio en train de téléphoner à son patron car il est pommé. Il est complêtement sur le cul de me voir arriver, m'explique que je suis qu'un malade, que je n'aurrais jamais du attérir ici, qu'il ne veut pas me prendre parceque ça n'est pas sa voiture, que de toute façon je joue ma vie et qu'il faut que j'assume mes conneries, qu'il n'a pas à m'aider, qu'il n'en a rien à foutre, il refuse même de me passer une clope, ne lachant pas l'affaire il finit par me fermer sa vitre au nez et démarrer me laissant dans ma merde. Sur le coup j'ai presque pleuré, j'ai maudit ce mec autant que je pouvais, j'avais rarement été autant dans la merde et autant humilié par l'indiférence d'un homme en même temps. Putain c'était dur!!
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Je continue à marcher, j'arrive à un troisième pont, celui-ci est routier cette fois, ouf. A peine arrivé dessus je vois venir un bus. Ni une ni deux je me mets au milieux de la route le forçant à s'arrêter. Il va à la gare RER d'Antony, putain je ne suis que là, il est presque 17h je n'ai même pas quitté l'île-de-France...
 
Je continue à marcher, j'arrive à un troisième pont, celui-ci est routier cette fois, ouf. A peine arrivé dessus je vois venir un bus. Ni une ni deux je me mets au milieux de la route le forçant à s'arrêter. Il va à la gare RER d'Antony, putain je ne suis que là, il est presque 17h je n'ai même pas quitté l'île-de-France...
 
Je constate que Massy Palaiseau n'est qu'à deux arrêts de RER, il y a des TGV vers Lyon qui y passent. Aller j'y vais, ça vaut mieux que de retourner à Gare de Lyon, de toute façon au point ou j'en suis je n'ai plus aucune envie de relever le pouce quelque part, je suis complêtemt crevé et déprimé.  
 
Je constate que Massy Palaiseau n'est qu'à deux arrêts de RER, il y a des TGV vers Lyon qui y passent. Aller j'y vais, ça vaut mieux que de retourner à Gare de Lyon, de toute façon au point ou j'en suis je n'ai plus aucune envie de relever le pouce quelque part, je suis complêtemt crevé et déprimé.  
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Quand j'arrive à Massy Palaiseau, je n'ai que dix minutes à attendre pour un TGV vers Lyon. 58,50E, ça fait tout de même mal au cul vu que l'objectif de départ était d'écomiser un billet.
 
Quand j'arrive à Massy Palaiseau, je n'ai que dix minutes à attendre pour un TGV vers Lyon. 58,50E, ça fait tout de même mal au cul vu que l'objectif de départ était d'écomiser un billet.
  
 
Enfin bon heureusement ça n'est pas tous les jours comme ça, Paris-Lyon c'est tout à fait possible il suffit de bien choisir son lieu de départ et de prendre son temps, je l'ai refait depuis. Le stop est toujours une valeur absolue, mais comme partout c'est en ayant connu l'echec qu'on apprécie vraiment le succès.
 
Enfin bon heureusement ça n'est pas tous les jours comme ça, Paris-Lyon c'est tout à fait possible il suffit de bien choisir son lieu de départ et de prendre son temps, je l'ai refait depuis. Le stop est toujours une valeur absolue, mais comme partout c'est en ayant connu l'echec qu'on apprécie vraiment le succès.

Version du 23 juin 2008 à 11:13

Tout commence un vendredi du mois de juin 2007, à midi je termine ma journée de stage dans le marais avec le projet d'être à 19h à Grenoble pour une fête. J'avais déjà fait le parcours dans l'autre sens sans problème, je partais donc sans crainte et pleins de confiance. On m'avais indiqué la porte d'Orléans comme point de départ. Vu que j'y suis arrivé vers 13h je n'ai pas voulu perdre de temps et suis directement aller toquer à la vitre de la première voiture s'arrêtant au feu.

Le mec me dit qu'il ne va pas vers Lyon mais qu'il peux me poser près d'Orly, sans trop reflechir je dis oui, je fais signe à un autre gars qui attendait depuis un bout de temps. Nous nous retrouvons 20mn plus tard à une station service sur une bretelle avec des avions vrombissant au dessus de nos têtes. On nous indique la direction pour une bretelle allant vers le racordement pour l'autoroute A6, ça se complique. Je marche donc un petit moment avec mon compagnon de fortune, qui s'avère être un ex-maçon actuellement au chômage. Arrivés à l'embranchement on attend une heures comme des cons sous un soleil de plombs, les voitures ne manquent pas mais toutes remontent sur Paris.

On décide donc d'aller plus loins pour saisir le véritable embranchement pour Lyon. Après une longue marche sur la bande d'arrêt d'urgence avec mon nouveau pote, on réalise que l'embranchement pour Lyon est fermé par la DDE, putain!! Ici on se sépare, lui est persuadé que dans le bouchon qui s'est créé des voitures voulaient aller à Lyon et le prendront, moi je rentre à la station service. Quand j'y arrive il est 15h, ça fait déjà 2h que j'ai quitté la porte d'Orléans.

J'envisage alors d'aborder les gens qui font le plein. Un jeune m'amène à Belle-Epine, accèssoirement le plus grand centre commercial de France, il me pose sur une sortie menant à une nationale qui allant vers le sud doit logiquement déboucher sur l'A6. Aimablement il me lâche 5 clopes, ça fait toujours plaisir. Là encore il y a un bouchon un vieux accepte de me prendre et me dépose une demi-heure après, à une autre station service, 2km plus loins... Cette station est absolument glauque, elle n'est séparée de la route que par un trottoir de 1m de large et insérée dans une énorme tranchée de béton gris-noir. Cette fois l'attente est longue, l'air est irrespirable et la chaleur suffocante. En l'espace de trois quart, ce sont des centaines de bagnoles qui passent devant moi à une allure d'escargot.

Je n'en peux vraiment plus, je fini par presque agresser un camionneur pour qu'il me prenne. Il me dit qu'il va vers la Bretagne, et merde, mais qu'il y a une séparation à un endroit pour aller à Lyon, bon m'en fout j'y vais. Finalement, après être sorti du bouchon, on est sur l'autoroute, il s'arrête sur la bande d'arrêt d'urgence, me montre un panneau au loin et me dit "tu vois à droite c'est la Bretagne, c'est là que je vais, à droite c'est pour Lyon, avec un peu de chance quelqu'un te prendra". Génial sauf que toutes les voitures roulent à 130 que l'embranchement en question est au moins à 1km, que jamais une voiture ne s'y arrêtera, et que mon espérence de vie sur cette bande d'arrêt d'urgence est d'après le prévention routière d'une vingtaine de minute. La situation est donc quelque peu délicate.

Je n'ai rien d'autre à faire que marcher dans les hautes herbes sèches et désagréables derrière la glissière. J'arrive à un premier pont "yé trop cool je suis tiré d'affaire", et non je ne croyais pas si bien dire, il y a des barbelés à passer et le pont est un tronçon de voie de l'orlyval! Deuxième pont, une voie de TGV! décidement j'ai vraiment l'air d'un con.

J'apperçois alors l'espoir au loin, une voiture est arrêtée avec ses feux de détresse. Oubliant le coup des 20 minutes qui me restent à vivre je cours comme un malade jusqu'à la voiture. Croyant tomber sur une honnête citoyen ayant eu pitié de moi je déchante vite. Il s'agit d'un ouvrier d'une boîte de BTP transportant du matos dans sa clio en train de téléphoner à son patron car il est pommé. Il est complêtement sur le cul de me voir arriver, m'explique que je suis qu'un malade, que je n'aurrais jamais du attérir ici, qu'il ne veut pas me prendre parceque ça n'est pas sa voiture, que de toute façon je joue ma vie et qu'il faut que j'assume mes conneries, qu'il n'a pas à m'aider, qu'il n'en a rien à foutre, il refuse même de me passer une clope, ne lachant pas l'affaire il finit par me fermer sa vitre au nez et démarrer me laissant dans ma merde. Sur le coup j'ai presque pleuré, j'ai maudit ce mec autant que je pouvais, j'avais rarement été autant dans la merde et autant humilié par l'indiférence d'un homme en même temps. Putain c'était dur!!

Je continue à marcher, j'arrive à un troisième pont, celui-ci est routier cette fois, ouf. A peine arrivé dessus je vois venir un bus. Ni une ni deux je me mets au milieux de la route le forçant à s'arrêter. Il va à la gare RER d'Antony, putain je ne suis que là, il est presque 17h je n'ai même pas quitté l'île-de-France... Je constate que Massy Palaiseau n'est qu'à deux arrêts de RER, il y a des TGV vers Lyon qui y passent. Aller j'y vais, ça vaut mieux que de retourner à Gare de Lyon, de toute façon au point ou j'en suis je n'ai plus aucune envie de relever le pouce quelque part, je suis complêtemt crevé et déprimé.

Quand j'arrive à Massy Palaiseau, je n'ai que dix minutes à attendre pour un TGV vers Lyon. 58,50E, ça fait tout de même mal au cul vu que l'objectif de départ était d'écomiser un billet.

Enfin bon heureusement ça n'est pas tous les jours comme ça, Paris-Lyon c'est tout à fait possible il suffit de bien choisir son lieu de départ et de prendre son temps, je l'ai refait depuis. Le stop est toujours une valeur absolue, mais comme partout c'est en ayant connu l'echec qu'on apprécie vraiment le succès.