Lille-Toulouse en trois voitures : Différence entre versions

De Hitchwiki
Aller à : navigation, rechercher
(Lille-Toulouse en trois voitures)
 
 
Ligne 28 : Ligne 28 :
  
 
Lille-Toulouse en 12h et 3 voitures seulement, café, clopes et repas inclus, royal ! Record battu !
 
Lille-Toulouse en 12h et 3 voitures seulement, café, clopes et repas inclus, royal ! Record battu !
 +
 +
 +
[[Catégorie:Recits]]

Version actuelle datée du 14 novembre 2018 à 15:59

Très récemment, je pars de Roubaix en direction de Toulouse.

Bon, 900 bornes à faire, je me dis que j'ai intérêt à me lever tôt. Je table sur 5h30 AM. Évidemment, grosse insomnie, sinon c'est pas drôle. Je pars donc vers 7h du matin en ayant dormi un peu moins de deux heures, ingurgité deux cafetières et fumé quatre cigarettes. Je décide d'opter pour un départ de l'Aire de Phalempins (méthode trouvable sur Wikipouce, catégorie sortir de Lille en direction de Paris). Résidant dans l'agglo lilloise, j'ai la chance d'avoir une carte de transport. Métro donc jusqu'à Lille, puis un bus jusqu'à Seclin, et enfin une petite marche bucolique dans les champs pour rejoindre l'aire. Rien à signaler, sinon qu'il fait froid (nous sommes début novembre), tout marche comme prévu.

Me voilà donc dans la place aux alentours de 9h. Je commence donc mon travail de harcèlement des automobilistes. Il n'y a tout de même pas grand monde, et encore pas mal de trafic local. Pour ma part je demande la direction de Paris.

Ça prend un peu de temps, et puis je suis encore un peu indécis sur la marche à suivre. Une voiture pour la capitale, ce sera sans doute le plus simple à trouver, mais après ? Je n'ai aucune envie de galérer à Paname. En attendant, un type sympa m'offre un sandwich, un autre m'offre une clope.

Beaucoup de refus, et puis comme souvent, tout se débloque d'un coup. Je demande à un type qui me répond d'un timide "désolé", que j'interprète comme un refus, avant de s'engouffrer dans la boutique, l'air gêné. J'enchaîne avec une dame qui cherche l'entrée. Je lui indique la porte, lui demande si elle peut m'emmener en direction de Paris. Elle me répond avec concision, car elle est hollandaise et ne parle pas très bien français : "Oui. Attendez."

La voilà qui disparaît direction machine à café. Je suis content, ça prend, même si je ne sais pas encore jusqu'où elle peut m'emmener. Au même moment le type désolé ressort et vient me voir : "You said you're going to Paris ? I can drive you to Paris !" Ah. "Someone else can take me too", je réponds. "I should ask her where she can drive me so I can do the best choice !"

Je fonce vers la machine à café.

"'Scuze me, where can you drive me to ?", je demande. "Châteauroux", elle répond.

Je cours vers l'extérieur prévenir le type (qui a déjà ouvert et débarrassé son coffre pour accueillir mon sac) que j'ai trouvé quelqu'un qui peut m'emmener plus loin. Il part de son côté, et moi du mien avec la dame qui va à Châteauroux.

Le gros coup de bol ! Elle est hollandaise mais vit dans la campagne près de Châteauroux. Elle revient de Rotterdam et retourne chez elle. Donc je passe Paris avec elle, les différentes bifurcations d'autoroute de la zone d'Orléans et elle me lâche à la dernière aire de service avant Châteauroux. On discute bien, elle m'offre un repas et un café, et elle m'explique que j'ai drôlement de la chance, car normalement elle transporte une copine à elle quand elle va aux Pays-Bas mais qu'elle n'était pas disponible cette fois-ci. Elle avait donc décidé de remplir sa voiture de plantes pour son jardin, mais n'ayant pas trouvé ce qu'elle voulait, elle a de la place pour moi. Et me voilà donc à Châteauroux, sur une aire très fréquentée, le sourire jusqu'aux oreilles, drôlement content de mon coup.

Je bois un café, il fait beau et je ne suis pas pressé. Ne me reste qu'à passer Châteauroux en direction de Limoges, et c'est donc ce que je demande aux automobilistes qui m'inspirent. Y en a un qui me dit que c'est possible, avant de se rétracter en me racontant un bobard. Puis un type avec ses enfants qui me répond positivement. Me voilà donc installé dans sa voiture, je lui demande où il va : "Montauban". Incroyable.

Super sympa, le trajet passe vite, on parle de plein de choses, il est flic mais m'avoue qu'il n'aime pas trop le dire parce que les gens n'osent pas parler de tout après. Je dois dire que c'est un peu ma réaction aussi, mais il me met très à l'aise, et finalement j'oublie vite cet aspect des choses. Comme quoi...

Et hop, Montauban ! Là c'est facile, tous les gens qui sont sur l'aire vont à Toulouse de toutes façons. Je tombe sur une institutrice timide qui accepte de m'emmener, et me voilà à destination !

Lille-Toulouse en 12h et 3 voitures seulement, café, clopes et repas inclus, royal ! Record battu !