Le stop sur autoroute

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Ce qui suit vient d'un message posté par l'auteur sur un forum et peut nécessiter d'être remanié.

Après un voyage de quelques 3000 kilomètres, je crois pouvoir apporter ma pierre à l'édifice en livrant ici quelques conseils. Ils porteront sur le stop pratiqué en milieu autoroutier exclusivement, français principalement.


Aller de station-service en station-service

Pour cela, j'avais un peu préparé l'aller grâce à un site qui donne le détail de toutes les stations présentes sur le réseau autoroutier français -- et probablement ailleurs aussi, je n'ai pas vérifié --, comme sur cette page : [1]. Je n'avais pas pris de le temps de le faire au retour, ce qui m'a permis de constater l'importance de bien connaître l'endroit où l'on se trouve. En effet, j'ai fait un millier de kilomètres de détours parce que j'étais avec des gens qui oubliaient de me déposer à la dernière station qui m'arrangeait avant de bifurquer dans une direction qui n'était plus la mienne (Narbonne n'est pas tout à fait à côté de Bordeaux, c'est pourtant là que je me suis retrouvé). Lorsqu'on a le temps, ce qui était mon cas, le détour est plutôt agréable. Je n'avais jamais dormi à la belle étoile juste à côté des Pyrénées. Donc : "Checke la route." (C'est un conseil que m'a donné Arthur, auto-stoppeur régulier entre Paris et Montpellier.)

Quant à la démarche à suivre sur la station

Étant donné que c'était mon premier long voyage en stop, j'avais un peu peur, donc j'ai préféré m'adresser directement aux gens présents sur les stations. Soit ceux qui faisaient le plein, soit ceux dans la boutique, soit ceux qui pique-niquaient (pas si nombreux, et public majoritairement familial qui répondra que la voiture est remplie). Mais comme les stations ne sont pas si souvent bondées, on a le temps de faire plusieurs fois le tour, et de demander autant aux pompes que dans la boutique. En définitive, on rate peu de gens. Cette technique comporte plusieurs avantages selon moi. On a tout le temps de choisir à qui l'on s'adresse. C'est bien lorsqu'on a peur, mais aussi simplement parce qu'on peut décider de n'aller que vers les têtes sympathiques (ce qui permet peut-être de diminuer le risque de tomber sur un "je suis pas raciste mais..."). On laisse également à l'automobiliste tout le temps de savoir qui il a face à lui.

Pour aborder l'automobiliste

J'ai fini par adopter la logique discursive suivante : Bonjour, je viens de ... (loin) et je vais jusque ... (loin), est-ce que vous pourriez m'aider en me déposant sur une station-service dans cette direction ? Les gens qui ne prennent jamais d'auto-stoppeurs sont un peu impressionnés, et puis rassurés à l'idée qu'on ait parcouru un si long trajet sans agresser personne (je ne garantis par la véracité de la deuxième assertion, c'est plutôt une supposition ou une impression, bien que le raisonnement ne soit pas rationnel). On a tout intérêt à bien connaître les villes présentes sur la suite du trajet, parce que refuser, lorsqu'on est à la sortie de Paris, de monter dans toutes les voitures qui vont vers Orléans au prétexte qu'on va vers Bordeaux, c'est assez crétin et ça peut faire perdre deux heures sur la première station de l'A10. J'ai tendance à croire qu'après dix minutes de recherches, on a intérêt à éviter la stratégie du héron et accepter même les trajets d'une centaine de kilomètres.

Quant à l'apparence

Si l'on s'y prend bien, très propre sur soi, etc., il y a moyen d'être pris par des femmes ou des personnes âgées qui ne prennent jamais personne, à l'instar des filles qui font du stop seules. Être Belge semble constituer un avantage non négligeable dans certains pays, dont la France et l'Espagne. Et puis, on a toujours un sujet pour engager la conversation : la crise politique, la guéguerre entre Flamands et francophones. Bien entendu, avoir l'air d'un jeune garçon devient moins évident après un certain âge, mais je crois que c'est une option à considérer si possible. Bien rasé, bien coiffé, mince et bronzé (souvent, les éviers des toilettes des stations d'autoroute sont très pratiques pour se laver les cheveux, et les sèche-mains sont plus efficaces qu'un sèche-cheveux), on jouit presque des mêmes avantages que les filles.

Quant aux conducteurs

En France, ceux qui roulent en voiture d'entreprise n'ont le droit d'embarquer personne, pour des questions d'assurance, de même que les routiers. Un routier ou (dans une moindre mesure, et par préjugé) un travailleur qui s'arrête est par conséquent ou bien une personne tellement attentionnée qu'elle est prête à braver l'interdiction, ou bien pas du tout bien intentionnée, ce qui justifie qu'elle passe outre l'interdiction (parole d'ancien routier)... Pour le reste, foncez, vous remarquerez assez vite que ceux qui disent oui ont une très forte propension à être des gens de gauche.

Pour monter sur l'autoroute et accéder à la première station-service

Je souscris au conseil mille fois lu : vivent les ronds-points. Les feux rouges sont bien aussi, mais pas avec une pancarte : le contact direct, surtout en ville, permet de bien se faire comprendre des automobilistes, qui parfois n'osent pas s'arrêter simplement parce qu'ils ne sont pas sûrs de pouvoir vous aider.

Une dernière chose

Faites confiance à votre feeling, mais vite ! Il m'est arrivé à trois reprises d'hésiter. Trop longtemps. Suffisamment de temps pour me retrouver dans la voiture (ou le camion). C'étaient des automobilistes qui se sont avérés être bien intentionnés, mais passer deux cents kilomètres à stresser n'est malgré tout pas une expérience des plus agréables (j'ai le souvenir d'un joli malaise vagal sur le périphérique de Bordeaux, pour cause de stress : j'avais oublié de respirer).